La guerre des clans

Une guerre entre Fidèles et Rebelles; Qui la gagnera?
 
AccueilPortailCalendrierFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Carnet d'un homme brisé

Aller en bas 
AuteurMessage
Joshua Merendès
Garde du corps
avatar

Nombre de messages : 59
Date d'inscription : 05/07/2009

Feuille de personnage
Statut: Célibataire
Famille: secret
Nom du dragon et élément: Veritis/Ombre

MessageSujet: Carnet d'un homme brisé   Mar 1 Déc - 14:09

Strong


----------------------------------------- Bonheur inébranlable -----------------------------------------------


1er jour du printemps:

Je viens d’avoir 16 ans et aujourd‘hui, je suis devenu homme. Mes deux frère aîné ne pourront plus m’appeler « Petit gars»… La cérémonie fût des plus traditionnelles mais des plus belles aussi comme on sait les faire dans mon village. Gwendoline, était la plus belle dans sa robe en flanelle blanc, cintrée à la taille, couverte d’un voile en dentelle qui ne parvenait pas à camoufler sa beauté. Elle étais assise sous un cerisier fleurie que la douceur du temps avait déjà parer de 1000 fleurs blanches que le vent s’amusait à défaire. Je ne pèse pas encore ma chance d’avoir pu épouser sous un mariage de convenance, la jeune fille que je convoitais depuis déjà quelques années. Elle a 14 ans, ses boucles blondes dansent sous sa coiffe et je ne peux m’empêcher de tomber à genoux dès qu’elle me jette un regard. Ses yeux sont de couleur jade. Elle m’hypnotise. Elle ose me sourire de son air mutin, de ses dents blanches et de ses lèvres vermeilles car elle sait que de tout mon être, je lui appartiens déjà.
Nos deux regards en disent long sous cet arbre. Nous avons envie de nous éloigner de nos familles qui dansent dans la grande cour. Tous sont heureux. Le mariage profite à tous autant sur un plan commercial que relationnel. Les Hañädis, ma belle-famille ont versé une dote conséquente à leur fille et notre avenir s’annonce radieux..


Au détour du chemin:

Tout est allé si vite. Le cœur libre comme l’air alors que nous vagabondions dans les prés, comme deux jeunes fous voulant échapper à leurs responsabilités, comme deux enfants encore sûrs de posséder leur destin au creux de leurs mains, encore persuadés que rien ne pourrait arrêter leur bonheur. Elle me poussait sans prévenir avec cette persuasion presque audible qu’elle pourrait me faire tomber de ses mains frêles. Elle riait lorsque je lui donnais le plaisir de me laisser choir dans l’herbe. Nous restions alors couchés, immobiles jusqu’à ce qu’il lui prenne l'envie de vouloir être portée. Tu voulais avoir « l’impression de voler comme sur le dos d’un dragon » et sous l’ampleur de ton sourire, je cédais. Je te laissais monter sur mon dos, étendre tes mains dans le vide et fermer les yeux alors que je courrais droit devant moi à en perdre haleine, simplement poussé par ton rire qui me rendait plus vivant et plus fort que cents hommes.
Le soir tombait chaque fois trop vite. Nous regardions le ciel et dans un même élan de paniqué mêlé d’excitation, nous courrions vers la ferme de tes parents. Ce jour-là, tu m’as pris la main et tu m’a mené dans un autre de « tes raccourcis ». Nous nous sommes perdus. La nuit est tombée et tu te vantais de ne pas avoir peur, grelottante de froid et sursautant au moindre bruit. C’est là que nous l’avons trouvé cette grande bâtisse, abandonnée telle une demeure fantôme apparaissant les nuits de pleine lune. Nous nous y sommes abrités et je tairais la façon dont nos corps transi de froid se sont réchauffés. A l’aube, les cris de tes parents battant la campagne pour nous retrouver… mais une chose était sûre, cette endroit deviendrait la maison qui verrait grandir notre famille.


Kaël:

Des murs, un toit, de l’amour mit dans chacun des matériaux utilisés pour reconstruire la bâtisse qui nous avait abritée cette nuit là. Des murs, un toit, de l’amour et beaucoup de patience pour refaire ce qui tombait en ruines, c’est-à-dire presque tout. Quasiment neuf mois se sont écoulés et depuis deux mois, j’empêche Gwendoline de poser la main sur le moindre outil. Son ventre est bien rond. La maison n’est pas finie mais elle pourra accueillir notre premier enfant et je sais qu’il aura son caractère. Il me donne déjà des coups de pieds la nuit lorsque j’approche sa mère de trop près. Père a 17 ans… mais je n’ais pas peur, je suis prêt.
Je me souviens de cette nuit-là comme si je pouvais encore le tenir dans mes bras. J’entend encore sa respiration si douce qui bercent mes tympans avec la même triste mélancolie que l’idée de ce que j’ai perdu. Ma femme est épuisée mais elle va bien. Elle m’a donné un fils, Kaël. C’est un petit bout de nous qui rend mon existence encore un peu plus belle. A ce stade, j’ai vraiment l’impression que rien ne pourra venir casser mon bonheur. Avec la dote de ma femme, nous achetons quelques parcelles de terrain et je commence à les cultiver tandis qu’elle élève notre enfant à la maison. Notre petit garçon est en pleine santé et sait déjà comment nous le prouver. En plus de l'énergie utilisé à retourner la terre des champs tout le jour, il me faut encore en réserver pour mon fils le soir mais je suis déjà très fier de ce petit homme.


Emeline:

Kaël à maintenant deux ans passé, et il fait trembler la maison en courant partout. Sa mère passe la majeure partie de son temps à ramasser ses bêtises et à s’occuper de notre deuxième enfant, Emeline, qui n’a que quelques semaines. Je traîne des pieds le matin, je ne veux pas la laisser seule avec les deux enfants. Je sais que c’est un lourd travail mais elle me pousse à la manière de nos jeunes années et je me rends compte qu’elle est bien plus forte qu‘avant. Elle est toute petite et toute menue par rapport à moi mais si elle le voulait vraiment, je crois qu’elle pourrait me renverser sans que j’ai à l’y aider. Emeline dans les bras et Kaël accroché à sa jambe elle me décrit l’importance de mon travail à moi aussi pour les faire vivre. Pourtant j’aimerai simplement passer une journée à rester à la maison, simplement à regarder nos deux enfants grandir, apprendre et découvrir le monde. Elle me tend Emeline, joyau au yeux de jade comme sa mère. Je la berce dans mes bras, ses petites mains agrippent ma chemise et finalement elle ne peut retenir la lourdeur de ses paupières. Je redonne l’enfant endormie à sa mère et m’agenouille pour embrasser mon fils. J’ai hâte d’être à ce soir, hâte de pouvoir les serrer à nouveau dans mes bras.


Energize me
----------------------------------------- Par amour -----------------------------------------------


L'hiver au dehors::

Les temps sont durs. Gwendoline et moi avons décidés de vendre une partie de nos terres pour nous acheter de quoi vivre encore mais la parcelle qui nous reste nous donne à peine de quoi manger. Je ne peux plus me permettre d’aller au marché pour vendre le peu que nous avons et il nous est difficile de trouver l’argent pour payer les cours de notre fils. L’hiver nous a surpris. Le vent froid est arrivé du nord avec quelques semaines d’avance et à geler les terres. J’ai peur pour ma famille. Gwendoline est malade, je le sais… mais elle refuse de me l‘avouer. Elle sait que je dépenserais sans hésiter nos dernières économies pour la soigner et elle ne le veut pas. Je rentre le soir les articulations bleuis par le froid et la crainte au ventre de la trouver morte dans notre maison. Je commence à ne plus aller travailler pour rester m’occuper d’elle. Les dernières récoltes sont dans la grange et j’espère qu’elle suffiront pour cet hiver sinon nous devrons vendre ce qu’il nous reste de mobilier. Les enfants ont froid et nous ne quittons presque plus le salon où se trouve la grande cheminée. Nous dormons à même le sol les uns contre les autres afin de nous tenir chaud. Les couvertures entassés les unes sur les autres nous donnant un minimum de confort... J’essaye tant bien que mal d’empêcher les infiltrations d’air avec des bouts de tissu mais les rafales dehors me crient que c’est peine perdue. Mais je tiens bon, ton sourire qui brille encore sur tes lèvres me pousse à ne pas baisser les bras, je vais trouver une solution, il le faut!.


Entière dévotion::

L’hiver dure encore. J’ai parfois l’impression qu’il s’acharne à essayer de nous atteindre. Pourtant aucun de nous ne cède. Nos enfants sont jeunes mais combattifs. J’ai fini par faire venir le médecin comme tu le pressentais. C’est officiel, nous n’avons plus d’argent mais avec les médicaments, nous avons la certitude que tu t‘en tireras. Je vais parfois pêcher sur le lac gelé avec Kaël pour essayer de nous ramener du poisson afin de compléter notre alimentation. Lorsque nous avons un peu de chance et que nous parvenons à briser l’épaisse couche de glace sur l’eau, ils nous arrivent de ramener quelques poissons que nous faisons griller sur le feu. Les enfants et toi les mangeaient avec bon appétit, un appétit qui ne me faisait pas regretter de vous laisser ma part. Mais toi, tu venais toujours me glisser un morceau dans la bouche du bout de tes doigts gelés. Nous étions encore heureux, peu importe le froid. Nous étions ensemble et nous nous aimions… j’ai eu tort de vouloir plus pour vous, aujourd’hui je m’en rend compte.


Sur un mauvais chemin::

L’hiver a finit par cessé laissant derrière lui un dégel blanc. Gwendoline est soulagée mais je n’arrive pas à ressentir le même apaisement. Je sais que l’hiver prochain, tout recommencera. Et combien d’hivers comme celui-ci, serons-nous capable de tenir? Nous avons perdu du poids et bien que nous ayons tout fait pour préserver nos enfants, ils sont plus faibles aussi. D’ici quelques jours, je vais retourner sur notre parcelle pour planter du maïs mais cette terre ne nous suffira plus.
Ce soir là, nous eûmes notre vrai première dispute. Je voulais partir en quête d’un second travail mais tu me rabâchais que nous n’avions pas besoin de plus d’argent, que nos enfants avaient simplement besoin d’un père qu’ils ne voyaient déjà pas assez souvent. Je voulais le meilleur pour vous… je savais que prendre un nouveau travail en plus de nos terres m’éloignerait un peu plus mais je voulais que vous ayez de quoi vivre sans que vous souffriez encore. Tu as lu dans mes yeux que je ne plierais pas et tes poings sont venus frapper mon torse avec la faiblesse de tes pleurs. Tu as passé la nuit à sangloter sans que je ne puisse te toucher. Savais-tu à ce moment que j’allais détruire tout ce que je m’évertuais à protéger?


Who I am
-------------------------------------- La guerre dans mon coeur --------------------------------------------


Mes choix m'éloignent:

Tu m’avais toujours décris comme quelqu’un de doux, d’affectueux, de drôle. Quelqu’un qui ne serait pas capable de lever le poing sur un de ses semblables. J’aurais tellement voulu que tu ais raison… mais il fallait croire qu’un être bien plus noir attendait son heure.
C’est sur un des panneaux du village que j’ai vu cette affiche. Une belle et grande affiche qui ne témoignait en rien du cauchemar que j’allais vivre. Ce panneau vantait les guerriers de l’armée, il vantait les exploits réalisés et l’or que l’on pouvait gagner en s’engageant. Rien qu’en signant un bout de papier, je pouvais obtenir deux pièces d’or, de quoi nourrir ma famille pour quelques semaines. Je n’hésitais donc plus. Lorsque je t’ai ramené ces pièces, j’ai vu un sourire radieux se dessiner mais lorsque je t’ai expliqué comment je les avais obtenu, tu me les a lancé au visage et ton sourire a disparu. Sous sa colère, elle avait peur pour moi. Je sais que je n’étais pas la figure du guerrier. J’étais grand, bien bâti mais dans son cœur, je restais un homme tendre incapable de la moindre violence, et qui allait se faire tuer au premier combat. Encore une fois, j’aurais voulu qu’elle ne se soit pas trompée mais je me suis révélé étant le plus habile de mon bataillon. Je n’ai plus vu ce sourire que j’aimais tant depuis ce jour.


L'enfer me gagne loin d'eux:

J’ai 21 ans lorsque je me vois forcer de quitter ma famille pour rejoindre les rangs de l’armée. J’ai beau cacher ma peur de ce qui m‘attend, mes lèvres tremblent lorsque j’embrasse ma femme. Elle me tient fermement contre elle. Kaël a 4 ans et Emeline 2 ans, mais eux aussi semblent avoir compris que leur père s’en va vers de dangereux horizons. Accrochés à mes jambes, je ne sais comment j’ai pu trouver la force de les quitter mais mon cœur s’est presque brisé à cette décision. « Je le fais pour eux » furent les mots qui me permirent de réussir à les quitter sans doute. Cette guerre devait être rapide et ne durer pas plus de 6 mois… 6 mois c’était déjà tellement de trop! Pourtant voilà déjà un an que je suis parti et les combats durent toujours. Je pleure toujours autant quand je reçois une rare lettre sur le front et que je devine des mots écrits de la main de mon fils ou des dessins d’Emeline. Ils me manquent tellement.
Je dois faire face à l’horreur des combats, je ne compte plus le nombre de fois où ma lame a percé la chair ennemie. Je commence à arrêter de me poser des questions sur les hommes que je tue. Est-ce une bonne chose? Mes nuits sont mouvementés de cauchemars où je continue à me battre. Ma main ne quitte plus mon épée.

Trois ans se sont écoulés, je ne sais plus pourquoi je tue et qui je tue. La seule chose qui me permettait de tenir ne m’arrivent plus. Je n’ai plus reçu de lettres depuis deux mois déjà. Je sens que dans ma tête, tout se mélange. Les cauchemars ne cessent plus, je voudrais dormir mais j’ai peur de fermer les yeux. Je tue le jour, je tue la nuit, je ne m’arrête jamais. Ce que je mange à le goût de sang, mes mains sont couvertes de sang, mon visage aussi. Je ne sais plus où porter mon regard pour m’apaiser. Même le ciel semble cracher du sang. J’essaye d’emprunter les bons chemins mais je crois que mon cœur s’éloigne de la bonne voie. Si seulement tu étais là pour me guider, tout serait différent.

Cinq ans ont passés et je ne suis même pas sûr que cette guerre finira un jour… je ne l’espère plus même. Le sang ne me fait plus rien, je ne ressens plus rien à tuer. C’est plus qu’un jeu, c’est presque un plaisir! Je devrais sans doute en avoir honte mais ce n’est pas le cas. J’attend impatiemment le prochain combat. Nous ne recevons guère plus d’ordre de nos supérieurs et pour calmer nos envies de combats, nous brûlons et tuons des villageois. J’ai attaquer un village aujourd’hui, des femmes, des enfants, des vieillards… aucun n’en a réchapper. Je ne sais plus si j’ai envie de rentrer désormais, je ne suis même plus sûr de savoir retrouver le chemin pour rentrer chez moi… je ne sais plus qui je suis mais je n’ai plus peur.

6ème année, je ne suis plus qu'une machine...


Dernière édition par Joshua Merendès le Mer 2 Déc - 19:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Joshua Merendès
Garde du corps
avatar

Nombre de messages : 59
Date d'inscription : 05/07/2009

Feuille de personnage
Statut: Célibataire
Famille: secret
Nom du dragon et élément: Veritis/Ombre

MessageSujet: Re: Carnet d'un homme brisé   Mer 2 Déc - 15:19

Lonely

-------------------------------------------- L’Adieu --------------------------------------------------


Le combat de trop::

Il m’est arrivée une chose étrange cette nuit. Au milieu de mes cauchemars, tu es apparue. Tu m’as demandé de rentrer à la maison. A mon réveil, cette demande m’a beaucoup affecté. Je crois que j’ai revu le bon chemin à emprunter pendant quelques secondes mais la bête était toujours là, en moi! Elle hurlait le plaisir que j’avais à tuer… j’étais trop doué pour m’arrêter là. Trop doué et trop lâche pour accepter de faire machine arrière. J’aurai dû t’écouter, maintenant je le sais. J’ai toujours été lent à apprendre de mes erreurs alors que toi, tu m’aidais inlassablement à les voir. Je ne ferai pas machine arrière même si je sais désormais que je suis sur la voie du mal. Je me disais que ce que je faisais, je le faisais pour le pays, pour la paix mais tout cela n’était que mensonge, une excuse pitoyable parmi d’autre pour expliquer le massacre de milliers d’innocents. La guerre m’a tué et si mon cœur bat encore, je ne suis plus qu’une enveloppe vide à l’esprit confus.


Retrouvailles::

J‘ai suivi mon groupe dans l‘attaque de ce village qui se dressait sur notre chemin. Ces villageois n‘étaient pas plus coupables que les autres pourtant nous n‘avons pas fait de différences. La paille à brûler, les habitants ont criés, ont courus, ont priés qu‘on les épargne puis se sont vidés de leur sang sur le sol de leur propre maison. Mon épée fendait l’air avec la même habileté que ces 6 dernières années. Je ne commettais aucune erreur lorsque je frappais le corps d’un adversaire. Dans cette maison sombre, je me suis aventuré. Mon visage dégoulinait encore d’un sang qui n’était pas le mien et je n’ai pas identifié ces petites ombres qui se frayaient un chemin jusqu’à moi avant que mon épée ne viennent fendre l‘air pour les figer à jamais dans leur jeune corps. Un cri retentit, une femme tomba à genoux devant moi, attrapant mon pied en hurlant un cri inhumain que les sanglots rendaient incompréhensibles. Ma lame s’est abattu dans son dos presque de manière automatique sans essayer de la comprendre. D’un revers de pied, je l’ai retourné, si je n’avais pas eu ce geste, j’aurai continué de vivre dans l’ignorance et je n’aurai pas cette peine dans mon cœur. Je ne peux décrire le sentiment qui m’a traversé à cet instant. C’est comme si le tonnerre et la folie s’abattait sur vous en une seconde. La tête m’a tourné, j’ai lâché mon épée pour la première fois depuis de longues années. Ma main s’est porté vers ce visage figée dans la tristesse au milieu de ses boucles blondes rougis par le sang. Que venais-je de faire? Pourquoi était-elle dans ce village? Je venais de tuer mes enfants et ma femme. La culpabilité, le dégoût, la honte m’ont emplis… Mes enfants m’avaient reconnus après six années loin d’eux, ils avaient accouru pensant que j’étais venu les sauver mais je venais les condamner. J’avais mal et cette douleur me clouait au sol. Je voulais que ce soit un autre de mes cauchemars mais ces trois corps étendus autour de moi étaient bien réels. J’aurai pu me relever, reprendre ma marche guerrière en me convainquant que rien de tout cela n’était arrivé mais je n’avais plus la force. Je suis resté là pendant des heures ou le carnage battait son plein. Je n’attendais plus qu’une chose, qu’un villageois me trouve et me tue que je puisse m’étendre aux côtés de ma famille mais je n’ai pas eu ce droit.


A qui la faute::

J’ai passé trois jours enchaînés à un mur de la vielle église, entendant les rescapés m’injurier et me cracher au visage ou m’alarmer en me pointant d’un doigt accusateur: « Dieu te voit et te jugera ». Ça n’a pas d’importance, je ne réclame pas sa clémence après ce que j’ai fait, je ne réclame pas le pardon, je sais que je ne le mérite pas. Mais je suis en colère, je cherche des responsables… je veux savoir pourquoi Gwendoline a quitté notre ferme, pourquoi elle m’a fait ça. Je l’accuse puis j’accuse mes supérieurs puis au bout d’une autre longue journée, je me rend à l’évidence, le seul coupable, c’est moi! La douleur morale ne me quitte plus et j’attend que les survivants décident enfin quel sera mon sort. Je souhaite encore et toujours que ce soit la mort mais comme pour me punir, on ne m’accorde pas ce dernier voyage. La sentence est prononcé, ce sera la prison à vie pour moi. Je quitte le village dans une cage, et on me conduit dans une des prisons sur la côte. Roche sombre sans fenêtre, je ne reverrai sans doute plus la lumière du jour.


Empty memories
----------------------------------------- Mise au point -----------------------------------------------


La colère, ma meilleure compagne:

Ça fait un moment maintenant que je suis enfermé dans l’obscurité mais je ne compte pas les jours qui passent. A quoi cela me servirait-il puisque c’est dans cette cellule de 2 mètres sur 2 que je dois mourir. J’ai beaucoup d’angoisses et je souffre de névroses, j’entend Gwendoline, j’entend nos enfants et il m’arrive même de sentir la lavande qu’elle mettait toujours dans nos oreillers pour qu’ils sentent bon. Mais malgré cela, ce temps passé seul me permet de faire le point sur moi. J’essaye de me retrouver, je sais que je ne serai jamais plus le même homme mais je dois me souvenir! Il ne me reste plus que ça pour passer les années qu’ils me restent à vivre. Peut-être ces années passeront-elles vite. Les gardiens ont parfois tendance à oublier les heures de repas et la maigre pitance que même les rats évitent n’est pas pour remplir un estomac. Nous voyons le jour environ 1 fois par mois, ou du moins c’est ce que les gardiens disent. Nous marchons 10 minutes dans une cour trop petite pour tous nous contenir. J’ai vu le ciel 11 fois, donc j’imagine que cela fait presque un an que je suis ici et sinon il nous reste les couloirs dans lesquels nous déambulons quelques heures par jour. Ces couloirs sont lieux de viols et d’autres agressions car ici, femmes et hommes sont mélangées. C’est une façon pour les gardiens de dégorger les prisons en laissant les prisonniers faire le sale travail ou la « sélection naturelle » comme ils l’appellent.
Un après-midi, j'eus la plus destabilisante des visions. De cet enfant déambulant dans les couloirs, protégée par des grilles qui n’empêchaient pas les chiens fous de s’y agglutiner en voyant de la chair fraîche et qui pourtant ne semblait pas l’effrayer. C’était une enfant et elle me rappelait ma fille. Elle me rappelait ma propre douleur. Je ne pu m’empêcher d’approcher les barreaux, de les serrer comme si je pouvais encore la prendre dans mes bras. De ma hauteur, je la vis remettre un présent à une femme: un bijou. Le lendemain, cette femme était morte. Elle s’était tuée à l’aide de cette fameuse broche. J’avais du mal à comprendre le monde...


Sélection inhumaine:

Les prisonniers de guerre affluaient mais également les voleurs qui pour nourrir leur famille n‘avait pas hésiter à chaparder quelques victuailles d‘un étalage. Ce n‘était pas un temps à faire la différence entre les vrais criminels comme je l‘étais et les bons pères de famille qui voulait sauver leur famille comme j‘avais cru l‘être. Je ne serai jamais un bon père et je devrais vivre toute ma vie avec cette douleur indescriptible que j‘alimentais incessamment de colère et de peine. Il n’y avait que Monstre qui cernait assez ma personnalité et je défiais toute personne d’oser me dire que j’étais quelqu’un de bien.
Les prisons finirent par être bondées, on finit à plusieurs dans des cellules bien trop petites et les gardiens finirent par ne plus rien contrôler. Le pays finit par effectuer un « écrémage ». Les prisonniers les plus faibles furent tués, les prisonniers ayant encore une bonne condition physique furent dispatchés dans des lieux divers pour effectuer des tâches dangereuses et ingrates. Certains partirent dans les mines et d‘autres comme moi finirent en tant que galérien à ramer sous les coups de fouet pour livrer des marchandises dont on ignorait jusqu‘à la contenance.


Seconde chance?

Enchaîné à la rame, je ne sais plus quel âge j‘ai. Je ne me suis plus vu dans un miroir depuis des siècles et je ne crois pas que je tolérerais de croiser le regard de celui qui a détruit plus que sa vie, celle de trois innocents qui m’étaient proche et bien plus d‘étrangers. Peut-être ais-je 28 ou 29 ans. Cela signifierait que je n’ai pas passé tant de temps que cela en prison et j’ai revu le bleu du ciel même si celui-ci me semble désormais bien fade. Je prends la vie comme elle vient désormais mais elle n’a plus aucune saveur. J’ai fini par me renfermer sur moi-même, je voudrai parler de mes craintes mais j’ai honte de ce que j’ai fait. Je crois que je cherche un peu de pardon dans la souffrance. La douleur me rapproche d’eux et être heureux à nouveau serait comme les insulter.
Le vent est fort ce soir, le bateau tangue et nous avons de l’eau jusqu’aux genoux. L’eau est glacée, elle me rappelle cet hiver là, à cause de quoi tout a commencé. Je me souviens des coups de fouet, je me souviens de la vague qui s’est abattu sur la coque, je me souviens du tremblement qui nous a tous propulsés vers l’avant. Après j’ai eu un instant de blanc. J’ai repris connaissance, la coque s’emplissait d’eau. Je n’avais plus que la tête d’émerger, mes mains étaient toujours enchaînées mais elles n’étaient plus retenue à la rame. Les compères qui ramaient avec moi n’avaient pas eu cette chance et gisaient sous l’eau. Le bateau commençait à couler par le fond, il me fallait plonger car la poche d’air finirait par disparaître. Je ne sais pourquoi, moi, qui attendait la mort depuis si longtemps ait souhaité survivre. J’ai pris ma respiration et j’ai plongé. Une des caisses avaient fortement agrandie une avarie en tombant et je m’y engouffrait pour rejoindre la surface. Mes gestes étaient dictées par mon envie de survivre et avec toute mon énergie, je nageais droit devant moi sans savoir où cela me mènerait et si je rejoindrais la terre un jour.


Save my life
--------------------------------- Nouveau monde pour une nouvelle vie ----------------------------------------


Plus jamais seul

J‘ai échoué sur cette plage au petit matin. J‘avais les jambes et le corps meurtri par cette nuit à nager mais mes pieds avaient finis par trouver une terre d‘appui. Et tu étais là, tu semblais m‘attendre et d‘où je venais, tu étais une énigme. Je n‘avais plus la force de me glisser jusqu‘à toi alors c‘est toi qui est venu. Ta tête carnassière a serrer la chaîne qui maintenait mes mains liées et tu l‘as brisée. Je ne sais pas d‘où tu es apparu mais j‘ai longtemps cru que tu étais poussé par la main de Gwendoline. Malgré le mal que j‘avais fait, je sais qu‘elle aurait tout pardonné. Tu t‘es couché près de moi avec cette air protecteur que je ne retrouvais que chez une personne: moi. Qui étais-tu, créature? Tandis que je m‘assoupissais sur le sable, le vent sembla me souffler à l‘oreille « Veritis ». 


Début d‘une nouvelle ère

Je crois honnêtement que tu m‘as sauvé Veritis, toi que l‘on nomme dragon. J‘étais une enveloppe vide et voilà qu‘avec toi, je retrouve le goût de vivre. Sur cette nouvelle terre qui n‘est de toute évidence pas la mienne, je cherche à trouver ma place et mes erreurs me montrent que je n‘ais pas beaucoup changé lorsque je choisis d‘être un assassin. Pourquoi ce choix alors que je sais que des milliers de vies ont déjà été enlevé. Tuer est quelque chose que je fais bien, voire peut-être trop bien. Ayant assurer mes premiers contrats, j‘ai pris peur en réalisant que j‘avais encore ce même plaisir à ôter la vie d‘un être vivant. Je ne voulais plus jamais donner de raison à quelqu'un de m'appeler "monstre". Dans tes yeux mon fidèle dragon, j'ai lu que moi seul détenait la clé de ce que je voulais faire de ma vie. J'avais pris des vies... je ne pouvais pas les rendre... mais je pouvais faire en sorte que d'autres ne tombent pas. Protéger. Ce mot si simple ne m'était jamais apparu aussi clair qu'en cherchant les réponses dans ton oeil brun.


J’ai enfin retrouvé la trace de qui je suis.

Dire que je ne tue plus serait trop facile mais ce n‘est plus moi qui cherche l‘attaque désormais. Je laisse l‘adversaire venir à moi. Je lui laisse la chance de s’en sortir en choisissant de renoncer car ma main frappe toujours avec la même précision. J’ai fait mes premières armes en accompagnant des convois de voyageurs d’une destination à une autre. Cela m’a permis d’apprendre un peu plus sur ce monde autant sur un plan géographique que culturel. Les dragons n’étaient bizarrement pas perçu de la même manière par tous. Il y’avait ceux que je semblais servir les « fidèles » et ceux qui se trouvaient derrière la frontière « les rebelles ». Je ne voulais pas m’intégrer au conflit, j’estimais avoir suffisamment donner pour la guerre. Et de ce même fait, je ne laisserai plus personne me diriger pour des idéaux bancales.


Cry with a smile
------------------------------------------------- Rosaly ----------------------------------------------------------


Protège-moi!

Ce qui ne changeait pas dans ce monde ou dans celui qui avait été le mien, c‘est l‘argent. Et il en fallait beaucoup pour pouvoir vivre en ces terres. Faire le garde du corps pour des convois de marchandises ou d‘hommes ne payaient pas assez alors je me mis à mon compte. Mes tarifs étaient élevés certes mais je promettais d‘être l‘ombre de la personne que j‘allais protéger. On répondit bien vite à mon offre mais je ne savais pas encore qui y répondrait. Fixant rendez-vous dans un salon de thé dans la ville fidèle, je ne sais à quoi s‘attendait cette jeune fille. Je lui apparus vêtu d‘un manteau sombre cachant mon visage et malgré que je ne lui révélais pas grand-chose sur moi, elle m‘engagea.
Si elle savait que j’ai failli repartir avant même que nous ayons échangé un mot. C’était une femme. Je ne pensais pas devoir protéger une femme. Elle était jeune, elle était blonde et avait ce regard captivant que possédait Gwendoline. Les deux femmes ne se ressemblaient pas mais j’en resta choqué quelques temps. Cela faisait bien longtemps qu’une voix de femme ne m’avait plus adressé la parole. J’appris à la connaître et elle appris à respecter mes habitudes liées au silence.

J’ignore si les pages vierges de ce carnet le resteront, je sais simplement que j’ai trouvé un but à ma vie et même si Rosaly n’efface pas la douleur qui me ronge, elle sait comment m’occuper l’esprit. Ses petits caprices m’apaisent parfois, elle ne sait sans doute pas qu’elle arrive quelquefois à me faire rire… C’est étrange à dire, mais je suis arrivé à une conclusion, je la protège autant qu’elle me protège. Elle ne protège pas ma vie mais à sa façon, elle m’empêche de redevenir l’homme qui tue et en ressent du plaisir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Carnet d'un homme brisé
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Carnet de l'homme pâle
» Sénateur Carlos Fritz Lebon: un homme malhonnete et dangereux
» L'ex homme fort d'Haiti est un égoiste...
» Le futur d''Haiti selon l''homme d''affaire Mike Spinelli
» Monture sang-froid et homme lézard

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La guerre des clans :: Hors-Jeu :: Section spéciale personnages :: Carnet de voyages-
Sauter vers: