La guerre des clans

Une guerre entre Fidèles et Rebelles; Qui la gagnera?
 
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 Domaine des Carillo

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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Domaine des Carillo   Ven 11 Déc - 22:59

Pendant près de deux heures, les deux carrioles roulèrent sur les routes de campagne de moins en moins praticables qui menaient aux domaines ancestraux des Carillo. Avec les obligations qu'elle avait vis-à-vis la royauté, habiter si loin du château n'était pas très pratique. Rosaly avait donc décidé de déménager dans le centre décisionnel du clan et de laisser le soin à quelques domestiques de garder en état le manoir où elle avait passé son enfance. Quand il serait temps de laisser à place à quelqu'un autre, la jeune femme allait se retirer là-bas pour finir ces jours. Ces terres étaient si loin de tout qu'elle allait pouvoir oublier cette guerre et les Rebelles jusqu'à sa mort.

Rose n'était pas bavarde aujourd'hui. Portant une robe noire toute simple sous la large cape qu'elle avait ajoutée pour se soumettre aux exigences de son garde du corps, la conseillère avait âme en deuil. La mort de ses parents, mais surtout de sa mère, l'avait abattue. Si Élisabeth Carillo avait été présente jusqu'à son dernier souffle pour sa fille unique, Lord Carillo, quant à lui, n'avait été là que pour les cérémonies et les rencontres officielles. Jamais elle avait vu son père seule à seul. Même avec son tempérament rebelle, Lady Carillo avait eu l'unique qualité d'être une mère présente et aimante pour Rosaly. C'était grâce à elle si elle était devenue ce qu'elle était. C'était aussi elle qui lui avait appris ce qu'elle savait sur les plantes et sur leurs propriétés. Mais mieux encore, elle lui avait légué le pouvoir de guérison de sa famille en lui faisait promettre de ne pas l'utiliser sauf si ça valait vraiment le coup. Pas que Élisabeth avait honte de ce pouvoir, au contraire, mais les années d'expérience lui avait appris que posséder un don qui décidait en quelques sortes le droit de vivre et de mourir attirait inévitablement de mauvaises personnes autour d'eux. Rosaly gardait toujours sa promesse et même Joshua n'avait pas conscience de ce don familiale.

La carriole arrêta brusquement et Rosaly eut un léger soubresaut. La route qui se prolongeait sur un autre kilomètre était maintenant impraticable pour les roues et les chevaux. Ils auraient pu continuer sur le dos de ses bêtes, mais cela prendrait de précieuses minutes que Joshua ne voudrait pas gaspiller tant il était risqué de se retrouver à découvert tellement cela était du suicide. Pendant que Joshua descendait, la jeune femme remit délicatement le capuchon de la cape qu'elle portait, cachant ses boucles blondes pour se camoufler dans la masse de servantes qui les accompagnaient.

La petite troupe composée de servantes et de soldats se suivirent un derrière les autres sur le petit chemin de terre, laissant aux cochers le soin de garder les chevaux prêts au départ. Le cimetière familial était derrière l'immense manoir. Rosaly avait prévenu Joshua qu'elle ne désirait pas aller s'enquérir de l'état de son héritage. Cela lui ferait encore plus mal de revoir ses souvenirs de petite fille aujourd'hui. Ils suivirent donc le seul chemin de terre vers un autre petit bois qui encadrait une centaine de tombes aussi sobres les unes que les autres. C'était là que l'on avait laissé reposer pour l'éternité les deux époux. D'un geste distrait de la main, la jeune femme fit signe au cortège qui l'accompagnait puisqu'elle ne voulait pas qu'un troupeau derrière elle durant son recueillement. Il ne restait donc que Joshua, elle et quatre servantes qui marchèrent encore quelques pas avant de s'arrêter devant une pierre visiblement en meilleure état que les autres. Les deux noms écrits en lettres d'or accompagnée d'un petit mot. Voilà ce qu'il restait d'Élisabeth et Léonard Carillo. Une pierre et une partie d'eux-mêmes dans le corps de Rosaly.

La jeune femme s'approcha légèrement de la tombe et baissa la tête. Avec une voix douce, elle murmura une prière.


- Je pense encore à vous, mère, même après trois longues années. Votre présence me manque, vos conseils aussi. Même une conseillère a aussi besoin de conseils. J'ai beau scruté le ciel, mais je sais bien qu'elles ne me feront pas cadeau de votre logique sans faille. Mais je continue pour vous, parce que vous vouliez tellement que je ne finisse pas comme vous, comme une femme de marchande, faible et soumise.

Le silence qui s'en suivit fut long et lourd. Il n'y avait que le cri des corbeaux qui venait le troubler. Rosaly leva la main pour essuyer une larme. Même après trois ans, le gouffre dans le fond de sa poitrine était toujours aussi douloureux.
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Joshua Merendès
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Sam 12 Déc - 0:20

Deux heures de silence ininterrompu, un couple qui se faisait face sans ouvrir la bouche… pourtant il n’y avait pas d’ennui dans le cœur de Joshua. Ses yeux camouflés dans l’ombre de sa capuche se perdait un peu dans le rideau qui couvrait la fenêtre de la calèche, le soulevant parfois d’une main discrète. Il surveillait les environs en écoutant le rythme imposé aux chevaux. La route se fit peu à peu plus inconfortable. Les roues heurtaient sans cesse des roches disséminées un peu partout sur le chemin et le carrosse branque bahutait de gauche à droite dans des tremblements bruyants. Autant dire que cette partie du parcours n’était pas la plus agréable mais au moins on ne pouvait plus s’ennuyer, trop occupé à se maintenir à droite ou à gauche dépendamment du côté où tanguait le véhicule. Une année, ce dernier avait presque faillit se renverser mais fort heureusement Joshua et Rosaly étaient parvenu à faire contrepoids avant que les roues ne quittent définitivement le sol.

Lorsque la route devînt finalement impraticable autrement qu’à pieds, Joshua descendit de la carriole, Rosaly à sa suite. Tout de suite, les servantes vinrent les entourer perdant Rosaly au milieu de ces copies. Deux soldats ouvrirent la voie à l’ordre de Joshua, dégageant la végétation à coups de machette. Visiblement, cela faisait bien longtemps que personne n’avait emprunté ce chemin pour visiter les terres des Carillo et cela n’avait rien d’étonnant puisque la dernière héritière se trouvait ici, à ses côtés. Tour à tour, la petite troupe passa à travers les branchages pour une marche d’une bonne demi-heure supplémentaire.

Contournant le manoir par le petit bois, ils arrivèrent bientôt près du petit cimetière familiale. Les gardes restèrent à l’entrée tandis que les servantes restaient à distance suffisante de Rosaly pour qu’elle puisse partager un instant intime avec sa famille. Seul, Joshua ne la quittait pas, et bien que le garde du corps pensait à chaque fois qu’il devait organiser ce voyage, que c’était une sortie suicidaire pour deux morts qui de toute façon ne lui répondraient pas, en la voyant ainsi, si vulnérable, il comprenait. Il se sentait un peu coupable même de ne pouvoir se reculer et la laisser parler à sa famille seul à seul. Son rôle avait parfois des aspects vicieux et irrespectueux qu’il ne pouvait pourtant changer sans lui faire courir de risque. Il s’évertuait alors à se rendre aussi discret que possible, qu’elle ne se sente pas épier par des oreilles indiscrètes.

Chaque année, alors qu’elle s’agenouillait devant ces deux tombes, il ressentait ce même désir de parcourir ce monde et de rejoindre le lieu de repos de sa femme et ses deux enfants pour leur adresser une même prière. Mais c’était impossible, d’une part car il ne savait pas où ils avaient été enterrés et d’autre part, car jamais il n’aurait le courage de refouler la terre sur laquelle il avait fait tellement de mal. Il avait peur qu’on puisse le reconnaître, qu’on puisse encore le pointer du doigt et le qualifier de monstre. Il se contentait alors d’une pensée silencieuse pour la famille de Rosaly à qui il promettait de veiller sur leur fille jusqu’à la fin de sa vie.

En cette date, l’ours solitaire se rendait encore un peu plus compte de ce manque d’appartenance. Il se demandait où serait-il enterré lorsqu’il mourrait. Il n’avait pas de famille, il n’avait donc personne pour veiller sur les préparatifs de l’enterrement. Aurait-il un nom sur sa tombe avec un épitaphe ou serait-il simplement jeté dans la fosse commune avec tous les anonymes? Une chose était sûre, il ne reverrait plus Rosaly. Celle-ci, même si elle alimentait un désir de vengeance, trouverait certainement sa place près des anges mais lui, il ne serait qu’un esclave offert au feu de l’enfer. Sans doute avait-il mérité un tel châtiment et personne ne pourrait s’en doute l’en délivrer.

Il devait à nouveau asseoir une autorité qu’il aurait voulu taire. Mais Si Rosaly ne voulait pas rester dans son manoir cette nuit, il leur fallait repartir au plus vite. Avec la fin de la saison sèche, arrivait le froid du nord et la nuit commençait à se faire présente plus vite. C’était un bien long voyage pour quelques vingt minutes avec ses parents, Joshua en avait conscience mais il devait songer avant tout à la garder en vie. Il ne devait pas porter plus d’importance qu’il ne le devait aux états d’âmes de la jeune fille même si sous son armure de neutralité, ça le blessait. Il posa une main sur son épaule.


_ Lady Carillo, nous ne pouvons rester plus longtemps.
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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Ven 18 Déc - 23:33

Les paroles de Joshua firent revenir Rosaly dans la douloureuse réalité. Sans un mot, elle se releva doucement et se posta à côté de son garde du corps pour que celui-ci l'escorte vers les servantes. Rapidement, les jeunes femmes entourèrent la jeune conseillère et sa silhouette se perdit dans ces capes noires toutes similaires. Au geste silencieux de l'ancien assassin, les soldats et les servantes reprirent la pas, cette fois ,en faisait le chemin contraire. Ce recueillement avait été bref, mais même si Rosaly aurait voulu rester encore un peu plus longtemps auprès de la tombe, elle se sentait trop lasse pour contredire Joshua dans ces décisions. Déjà qu'il avait accepté de faire le voyage une fois de plus était un exploit en soit à cause du risque élevé que les Rebelles les surprennent dans les petites routes cahoteuses. Si elle ne connaissait pas tous les détails sur sa protection, elle comprenait que ce voyage était le plus complexe auquel Joshua était confronté. Mais la jeune femme ne se faisait pas trop pour le voyage du retour. Il y avait deux ans qu'ils faisaient le même trajet, si les Rebelles avaient voulu l'attaquer, ils l'auraient fait depuis longtemps...

Rosaly avançait sans vraiment s'en rendre compte. La tête basse, les pieds traînants, elle n'avait plus l'air de la femme si distingué et souriante d'hier, durant la réunion. Elle ressemblait plutôt à une femme comme les autres, sans artifices et sans aucune valeur. Pourtant, dans quelques heures, alors qu'une nouvelle journée allait commencer au château, la jeune femme serait prête à accepter son rôle comme si la mort de ses parents n'avait jamais eu lieu. Il y avait des fois où elle se demandait comme elle pouvait oublier sa peine en un claquement de doigts. La vengeance, c'était encore ce sentiment si néfaste qui réussissait à la faire vivre et à donner raison à tout.

La seule fois où elle levant la tête, ce fut pour regarder encore une fois son manoir, dans toute sa splendeur grâce au soleil de l'après-midi. Plus le temps passait et plus elle se demandait si les serviteurs qui étaient resté dans la demeure était toujours vivants. Elle avait encore un vague souvenir du majordome et de la femme de chambre, mais elle n'était pas capable de mettre un nom sur ces visages. Ils étaient peut-être même morts depuis le temps. L'année prochaine, elle allait être capable d'entrer dans le manoir et de fouler ses parquets. La douleur serait moins grande. Et Joshua serai moins tendu en sachant qu'il avait un peu plus de temps devant eux que les vingt minutes qu'ils venait de passer.

Le chemin dans le petit bois fut beaucoup moins long dû au fait que la route était déjà piétiner. Les cochers étaient tout près de leurs chevaux, parlant de tout et de rien lorsqu'ils arrivèrent. Rosaly leva la tête, pour savoir où aller pour remonter dans la carriole qui l'a ramènerait. Curieusement, alors qu'elle montait les quelques marches pour entrer dans la calèche, elle remarqua que la forêt était silencieuse, comme si quelque chose d'important allait se produire d'une seconde à l'autre. Pourtant, elle aurait juré que les oiseaux s'en donnaient en cœur joie quand ils s'étaient dirigés vers le domaine. ..


(dsl, il est plus petit que d'habitude...)
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Joshua Merendès
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Sam 19 Déc - 14:44

[c'est pas grave, ça peut arriver! ^^]

Joshua fût soulagé qu’elle se lève d’elle-même, il n’aurait pas voulu insister pour qu’elle le suive. Il ne voulait pas devoir la brutaliser en venant l’attraper par le bras pour la faire quitter les lieux. Sans doute n’était-il qu’une bête sans cœur à ses yeux! Une bête qui ne se souciait que de son client, que par la bourse d’or qu’il recevait en fin de semaine. Peut-être aurait-elle eu raison à une époque mais désormais c’était plus complexe que ça. Des contrats de 1 voire 6 mois, il en avait vu défiler mais un contrat de 3 ans, presque 4, c’était son tout premier. Et si ses précédents jobs ne lui avaient pas permis de s’attacher à ces vieux rupins pompeux et arrogants, Rosaly était différente… et sous sa couverture de vengeance, c’était quelqu’un de bien.

L’écrin de protection reprit forme autour de Rosaly et le cimetière finit par n’être qu’un point de croix sombres derrière eux. Un lieu qu’ils reverraient une nouvelle fois l’année prochaine, à la même date, à la même heure, en empruntant le même passage, en prenant les mêmes risques. Joshua devrait trouver encore un autre plan pour fondre Rosaly dans le paysage. Faire le chemin du retour était une façon pour lui d’y songer. Revenant sur leur pas, ils foulèrent leurs traces de pas encore fraîche et empruntèrent le petit chemin avec plus de facilité puisque celui-ci avait été défraîchit des plantes qui le recouvraient.

Tous arrivèrent soulagés lorsqu’on aperçut les carrioles et les cochers qui discutaient joyeusement. Joshua n’aimait pas à savoir les cochers restés sur place, ces derniers signalaient la présence de Rosaly. Il aurait préféré que ceux-ci s’en aillent une fois qu’ils étaient déposés mais le risque aurait été trop grand qu’ils ne soient pas là si on les attaquaient avant leur retour. Il fallait donc faire avec. Sur un terrain comme celui-ci, il n’avait guère le choix que de faire au mieux.

Les servantes se séparèrent, libérant Rosaly pour qu’elle rejoigne sa calèche et chacun fût enclin de s’installer à leur place et de rejoindre leur cheval. Alors que Rosaly montait sur la première marche de la carriole, Joshua la poussa brutalement à l’intérieur. Ce sifflement qui avait percé le silence, il ne le connaissait que trop bien pour l’avoir entendu trop souvent sur les champs de bataille. La harde effilés vînt traverser les feuillages et se planter dans tous ce qui stoppait leur avancée. Le bois des carrioles… mais également la chair des hommes et des chevaux. Joshua poussa un râle en percutant la calèche, emporté par l’impact de la flèche reçu dans le milieu du dos. Hommes, cochers et servantes tombèrent alors que les hardes de flèches continuaient de percer le feuillage dans leur sifflement meurtrier. Une autre flèche reçut dans l’arrière de la jambe fit plier le garde du corps vers l’avant. Leurs assaillants se fichaient bien de devoir tuer tout le monde pour pouvoir atteindre la conseillère. Il était urgent de quitter l’endroit avant que tous ne tombent sous l’attaque lâche mais efficace des assaillants.

Joshua brisa les tiges des flèches, laissant la pointe dans sa plaie pour ne pas intensifier les saignements avant de d’ordonner à Rosaly de se coucher dans le fond de la carriole. Joshua ferma la porte derrière elle et monta prendre la place du cocher mort.


_ Suivez-moi, nous allons les mener en terrain découvert!

Ils étaient inutile de songer à les semer avec des chevaux blessés même en comptant sur le pouvoir du garde du corps, mais ils pourraient au moins combattre en terrain découvert. Les carrioles étaient dans le bons sens, prête à repartir car le garde du corps ne toléraient pas de perdre du temps en manœuvre en cas d’attaque et il s’avérait que pour le coup, ce fût un gain de temps. Les chevaux blessés partirent sous les coups de fouet, les poussant à galoper malgré leurs souffrances. Sortant de part et d’autres du bois, les chevaux ennemis se lancèrent à leur poursuite, portant sur leur dos une vingtaine d’hommes armés. L’un des chevaux tirant la carriole s’écroula mort dans la course et fit tomber son partenaire, emporté dans l’élan, la calèche se coucha sur le côté. Joshua s’écroula sur le sol, sentant la vive douleur qui emplissait son être se faire intense. Il ne pourrait plus la protéger efficacement encore très longtemps. Il fallait la faire fuir au plus vite. Seul quelques vingtaines de mètres les séparaient désormais de leurs poursuivants. Joshua grimpa sur la calèche, empoigna Rosaly et l’extirpa du véhicule. Pas le temps de lui demander si elle se sentait bien. Il la conduisit jusqu’à la seule calèche encore debout qui s’était arrêté pour les récupérer. Installant Rosaly avec les servantes rescapées qui s’étaient réfugiées à l’intérieur, Joshua lui dit:

_ Le cocher va vous reconduire au plus près du château, quoi qu’il arrive je vous interdis de faire demi-tour! Vous vivrez Rosaly!

Joshua claqua la porte et fit signe au cocher de partir sans tarder. Bien sûr les chevaux ennemis, furent prêt à rattraper la calèche mais l’entreprise leur fut impossible lorsque qu’un nuage épais de brume vînt à les encercler, leur coupant toute vision sur la direction qu’avait prise leur cible. Incapable de s’orienter, il ne leur restait plus qu’à achever les hommes restés sur place.

Armes en main, les soldats fidèles et le garde du corps étaient prêt à lutter jusqu’à leur dernier souffle. Les chevaux les encerclèrent s’amusant à tourner autour d’eux comme pour leur dire qu’ils étaient condamner. A 10 contre 20, le combat s’annonçait inégal mais pas perdu tant qu’il restait un souffle d’air en eux. La troupe de rescapés plaqués les uns aux autres se dispersèrent dans un cri de courage et attaquèrent chevaux et hommes dans un combat qui fit rougir le sol. Un combat jusqu’au dernier s’imposa alors.

Le dernier coup de lame vînt à s’abattre. Trois hommes fidèles furent encore debout. Joshua en faisait partie mais couvert de plaies, aucun d’eux ne s’attendaient à survivre. Le garde du corps se laissa tomber dans la terre devenue boueuse de sang. Il attendait que les portes de l’enfer s’ouvrent pour le happer tout entier. Au moins Rosaly serait sauve! Il n’avait pas échouer dans le dernier but à sa vie, cette pensée le conforta… Il avait au moins réussit une chose de bien dans sa vie. A mesure qu’il s’endormait, le brouillard autour d’eux se désintensifiait, laissant le ciel bleu s’offrir aux derniers regards des hommes. Joshua détourna le sien, il ne voulait pas fixer cette immensité où il n’avait pas sa place. Il allait pourrir ici, Rosaly finirait par l’oublier et lorsque l’année prochaine, elle passerait par ici, elle ne verrait que sa dépouille.
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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Sam 19 Déc - 23:27

C'est à peine si Rosaly ne s'assomma pas lorsque Joshua la poussa à l'intérieur de la calèche. La porte ferma sur elle et la jeune femme compris réellement ce qui se passait lorsque les cris de terreur des servantes qui voyaient les premières flèches s'enfoncer dans le bois de la calèche, mais aussi dans les corps des hommes, retendirent. La pire chose qu'il pouvait arriver durant ce voyage se concrétisait dans toute son horreur : Ils étaient pris dans une embuscade.

Elle avait été insouciante de croire que les Rebelles ne choisiraient pas cette sortie annuelle pour s'en prendre à elle. Ils avaient seulement pris leur temps pour être certain que, cette fois, ils auraient la tête de la conseillère Fidèle sur un plateau d'argent. C'était ce que Rosaly leur avait offert en retournant tête baissée dans son domaine, oubliant un instant le danger que cela représentait. Elle n'osait pas bouger, car lorsqu'elle n'entendit plus le sifflement de la première rafale de flèches, un autre, encore plus effrayante, s'enfonça avec un bruit sinistre dans la calèche et fracassant sa fenêtre voilée. Rosaly se protégea des débris en recouvrant sa tête de ses mains. Plus les secondes passaient et plus la façade neutre que la jeune femme essayait de garder se transformait en un mélange de peur et de panique.

La porte s'ouvrit à peine quelques secondes, le temps nécessaire à Rosaly pour entrecroiser le regard bleuté de Joshua. Sa voix rauque avait quelque chose de changer comme s'il... souffrait ? La conseillère ne chercha pas à connaître la réponse, du moins pour l'instant. Se cachant littéralement sous un des espaces libres sous les bancs de la structure, Rosaly ferma les yeux en sentant des soubresauts des chevaux blessée être poussé au galop pour semer leurs poursuivants. Bientôt, tout cela serait terminé et si serait de retour au château, dans l'endroit où elle était le plus en sécurité et elle ne sortirait plus jamais de l'enceinte que formait les murailles du marché royale. Mais c'est alors que Rosaly glissa brutalement sur le côté, se frappant durement la tête contre le coin du banc voisin. Pendant plusieurs secondes, Rosaly ne vu que du noir et ne sentit qu'une douleur immense à la tête et un liquide chaud lui couler dans le cou. Elle devait s'être lacérée la tête avec le coup qu'elle avait reçu. C'est la poigne solide de Joshua qui lui remit partiellement les idées en place. Assise avec trois autre servantes au bord des larmes, la jeune femme sentit encore l'étrange tonalité de la voix de Joshua quand il lui ordonne de ne pas revenir. Et pour la première fois, alors que le garde du corps refermait la porte et que les chevaux repartaient dans une course vers le château, Rosaly s'inquiéta pour Joshua.

Pendant plusieurs minutes, les servantes sanglotaient alors que Rosaly essayait de calmer le saignement de sa blessure. Profitant du fait que les jeunes femmes pleuraient leur amies disparues, Rosaly se soigna légèrement, cicatrisant la peau et ressoudant le crâne fracturé. Elle eu un soupir lasse. Elle n'était pas habituée à se servir de ce don.

Mais un sentiment encore plus puissant venait lui faire oublier son mal de tête, l'inquiétude, une inquiétude qu'elle ne comprenait pas et qui le faisait peur. La seule chose qu'elle était certaine, c'était qu'elle ne pouvait pas les laisser mourir, Joshua et les soldats, qu'elle devait les aider malgré l'ordre de son protecteur. Se déplaçant maladroitement vers la petite fenêtre qui donnait sur le banc du cocher, Rosaly lui cria de se rendre au village le plus près. Ils trouveraient surement de l'aide là-bas.


À peine la calèche était-elle arrêtée dans un petit village à quelques kilomètres du domaine que Rosaly ouvrit la porte et cria à l'aide. Les villageois qui avaient pris peur en voyant les chevaux et les cochers blessés se précipitèrent vers la conseillère qui les supplia de venir avec elle sans leur expliquer sa situation. Rosaly avait cru que les villageois en avaient que faire d'elle, puisqu'elle ne s'était pas nommée. Mais étonnement, plusieurs hommes prirent leurs armes et leurs chevaux et suivirent la calèche qui, malgré l'ordre, revenait sur ses pas.

La jeune femme n'était plus sûre du temps qui était écoulé entre son départ et leur retour, mais les assaillants étaient tous morts et un léger nuage de brume finissait de disparaître dans ils arrivèrent. Sortant de la calèche, la jeune femme chercha des yeux des survivants. Un, non, deux soldats étaient encore debout et déjà quelques villageois allaient vers eux pour les aider. Mais ce n'était pas ceux que Rosaly cherchait. C'est alors qu'elle le vu. Une masse noire qui était écroulé par terre, près du dernier mort de la milice Rebelle. Joshua.

Rosaly alla le rejoindre et s'agenouilla auprès de lui. Il était salement amoché, les flèches qu'ils avaient reçu avait pas su arrêter plus longtemps le sang. Il en avait déjà perdu beaucoup, il aurait déjà du être mort, mais comme s'il ne renonçait pas encore à la vie, Joshua respirait encore faiblement. Sa poitrine s'élevait encore, mais de façon discontinue. Il agonisait et aucune médecine traditionnelle ne pouvait le sauver.

La pire blessure était surement celle dans son dos. Malgré la lourde masse, Rosaly réussit à le tourner suffisamment pour voir repousser son manteau et voir son dos. D'autre douloureux souvenir réapparurent alors qu'elle regardait la blessure qui ressemblait trait par trait à la même qui lui avait laissé cette citatrice au même endroit. La conseillère tira avec précaution la flèche avec le bout de bois qui dépassait de la plaie. Avant même que le sang se recommence à couler encore plus, la jeune femme déposa sa main dessus, ce qui fit illuminer celle-ci, espérant ne pas arriver trop tard pour le sauver et en guettant inconsciemment une réaction de la part de son garde du corps.


- Allez Joshua, ne me laissez pas toute seule...

Elle répara les organes touchés, puis elle referma la plaie. Cela ne laissa qu'une simple citatrice... Et un mal de tête du tonnerre à la dame. Elle allait faire la même chose pour la jambe malgré tout lorsque des villageois vinrent lui prêter main forte, coupant court le traitement.

- Nous allons emmener les survivants chez moi, dans mon manoir. Il y aura de quoi les soigner.

inquiet de Rosaly. Oui, elle pouvait finir ce qu'elle avait commencé là-bas. Elle n'avait plus le choix de combattre ses démons maintenant. Elle devrait les affronter, peu importe les conséquences.

Plutôt ralenti par les corps sur les chevaux, la nouvelle troupe se rendit quand même rapidement à la demeure des Carillo et après avoir fait la peur de leur vie à la femme de chambre et au majordome, toujours vivants, on installa les trois hommes dans des chambres d'amis. Rosaly expliqua aux servantes une façon d'empêcher l'infection des blessures avec une plante banale qu'il y avait en abondance dans la cour pour essayer de les sauver. Elle alla ensuite rejoindre Joshua, encore inconscient et enleva la deuxième pointe de flèche, s'attendant à voir Joshua réagir à la douleur d'une seconde à l'autre. Même débarrasser des flèches, Rosaly ne savait pas s'il survirerait.
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Joshua Merendès
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Dim 20 Déc - 18:07

Il ne voyait plus que du noir désormais. Il lui sembla que même si ses paupières avaient été moins lourdes, il n’aurait rien pu voir de plus. Cela signifiait-il que ses sens avaient arrêté de communiquer avec son cerveau? Devait-il conclure qu’il ne lui restait que quelques minutes? Jamais encore, il n’avait été plus en phase avec son corps, les faibles battements discontinu venaient tambouriner ses tympans dans une attente angoissée. Il était plongé dans une léthargie froide que seule la mort savait imiter. Persuadé que son heure était venue, il ne lui restait que quelques instants pour l’accepter. Si on revoit sa vie au moment de partir, lui, ne vit que ses erreurs lourdes de conséquences. La mort était sadique à son égard, elle le laissait agoniser physiquement et moralement. Son dos appuyé contre le sol ne rendait que la pointe de la flèche plus violente dans son poumon. Le plus désagréable était ses bulles de sang qui éclataient dans sa gorge à chaque fois qu’il expirait et qui manquait de le noyer.

Comme prisonnier de son propre corps, il ne parvînt pas à gémir lorsque des mains se posèrent sur lui, ni même à hurler lorsque la pointe quitta sa chair. Cependant la vive douleur le ramena quelques secondes à la réalité, le temps de lancer un difficile et presque muet « petite idiote » à cette personne dont rien au monde n’aurait empêché qu’il puisse la reconnaître. Qu’est-ce qu’elle faisait là, n’avait-il pas été assez clair? Que ferait-elle si une deuxième horde venait s’assurer que la mission avait été correctement remplie? S’il avait eu plus d’énergie, elle aurait eu à faire à ses froides remontrances pour lui faire passer l’envie de recommencer à lui désobéir. Comment protéger une jeune femme qui n’en fait qu’à sa tête?

Joshua tomba inconscient une nouvelle fois, quelques secondes à peine après qu’elle eut retiré la flèche. Ses orbites tournaient derrière des paupières tremblantes. Il ne pouvait plus se permettre de partir maintenant qu’elle était là, il fallait qu’il lutte pour la protéger. Elle n’était pas en sécurité ici. Il était prêt à se relever s’il sentait qu’elle courrait un danger mais dans l’immédiat, il ne ressentait que sa douleur et la colère de la savoir à côté de lui, agenouillée dans le sang.

---

Lorsqu’il reprit conscience, il était étendu sur un lit. La douleur avait ça de vicieuse, qu’elle s’amusait à le ramener pour le laisser replonger dans l’inconscience comme si c’était un jeu. Joshua s’évertua à ne pas se laisser aller trop vite, il était surpris de ces nouvelles odeurs qui s’imposaient à lui, de ce contact de soie douce contre sa peau, de la mollesse du sol dans laquelle il était allongé.
Voulant se redresser, Joshua poussa un cri plaintif suivi d’une respiration accélérée. Bon sang, qu’il avait mal! Ses yeux durent faire le tour de la pièce finalement sans quitter l’oreiller. Son regard transparent se porta finalement sur Rosaly. Il eut une moue sévère, n’ayant pas lâché le mécontentement qu’il avait et malgré sa difficulté à mettre de l’énergie dans sa phrase, elle sonnait colérique.


_ Vous m’avez désobéit! Je vous avais demandé de ne pas faire demi-tour! Comment voulez-vous que je vous protège si vous ne me laissez pas faire mon travail?

Mais sa colère n’était pourtant pas très présente. Il avait été touché… touché et troublé de ce qu’elle avait fait pour lui, pour un gars du peuple, pour un type qui ne pesait pas lourd dans la balance des hommes. Ce qu’elle avait fait pour lui, il avait été incapable de le faire pour sa famille. C’est cette dernière qui aurait dû être sauvé, pas lui! Il avait des difficultés à se pardonner mais il réalisait aujourd’hui que le peu de conversation qu’il avait eu avec Rosaly était soit pour lui donner des ordres, soit pour la réprimander. Elle venait tout de même de lui sauver la vie, elle méritait un peu plus que des sermons. Il lui était cependant si facile de paraître méchant, les mots lui venait tellement plus facilement lorsqu’il s’agissait de lui montrer son autorité. Oui, il avait été un homme amoureux! Oui, il avait été un homme tendre! Mais il ne se souvenait plus de comment on faisait.

_ Vous êtes une bourrique mais je vous dois la vie… merci.

Il y’avait plus délicat comme remerciement mais malgré cette rudesse, Joshua était sincère. Happé par un tournis chaotique, il tourna de l’œil, coupant court à la conversation.
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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Lun 21 Déc - 0:07

Entre le moment où les deux hommes du village avaient déposé Joshua sur le lit et quand ce dernier était sorti quelques minutes du sommeil comateux que la douleur lui imposait, Rosaly avait enlevé la deuxième flèche dans la jambe de son protecteur et avait réussi à arrêter les saignements sans pour autant souder les cellules de peau ensemble. Son mal de tête s'était tellement intensifié qu'elle n'avait pas pu garder sa concentration pour continuer son travail. Elle se tenu la tête plusieurs secondes, incapable de faire taire les coups de marteau dans sa tête. Elle était épuisée, autant physiquement que psychologiquement. Elle avait vidé ses dernières réserves pour aujourd'hui. Mais il restait tellement de plaies à guérir et dos à ressouder que la jeune femme se demanda si elle serait capable de tout faire. Les blessures plus sérieuses étaient maintenant qu'un mauvais souvenir, mais Joshua avait encore des côtes cassées dû à sa chute lors de la mort des chevaux de la carriole. Encore une fois, elle déposa sa main sur la blessure. La lumière fit encore son apparition, mais elle estompa trop rapidement. Non, elle ne pourrait plus rien faire pour l'instant, elle en tremblait de fatigue.

Rosaly se leva doucement du lit et fouilla dans les armoires pour trouver de quoi se recouvrir, comme si avoir chaud pouvait calmer ses tremblements. Alors qu'elle recouvrait ses épaules d'une vieille couverture, elle entendit le gémissement du garde du corps. Elle se retourna vivement et alla vers le lit où elle entendit ses réprimandes. Alors qu'elle venait ne lui sauver la vie, il trouvait encore l'énergie nécessaire pour s'en faire pour elle et jouer son rôle de méchant protecteur! À ces mots, la conseillère soupira, lui faisant comprendre que malgré son choix dangereux de faire demi-tour, elle ne le regrettait pas. Et puis, elle n'était pas si insouciante qu'il avait pu le penser. Elle avait eu l'aide précieuse des villageois. En parlant d'eux, elle ne pouvait que les remercier pour ce qu'ils avaient fait. Alors qu'elle les snobait depuis des lustres puisqu'elle était beaucoup plus importante qu'eux, aujourd'hui, en cette fin d'après-midi, elle avait une toute nouvelle idée de ces gens du peuple. On lui avait tellement dit que ceux-ci n'était que des revenus pour le château qu'elle avait fini par penser de la même façon. Mais finalement, ils étaient aussi des gens généreux et honnêtes.

La deuxième remarque la fit sourire faiblement. Dans un autre monde, au château par exemple, elle aurait surement été outrée par cette remarque, mais ce remerciement plutôt inusité la toucha, ce qui fut tout aussi bizarre que son sentiment d'inquiétude. Elle allait lui répondre, mais la douleur constante de Joshua l'emporta dans un autre monde qui lui était connue, le même qui l'avait accompagné durant plusieurs semaines quand ont l'avait aussi poignardée. Elle le surveilla plusieurs minutes et quand elle fut certaine qu'il ne se réveillerait pas de sitôt, elle sorti de la chambre pour demander de l'aide à une servante pour stabiliser les côtes de l'ancien assassin. Elle en profita pour remercier chaque homme qui s'était déplacé. Et pour une fois, elle était réellement sincère. Ce n'était pas un de ses sourires fait sur mesure pour les bals, c'était un vrai sourire, d'une femme fatiguée, mais authentique quand même. Puis, la servante, celle du manoir, et Rosaly retournèrent dans la chambre et avec milles précautions, elles firent un bandage assez solide pour apaiser un peu la douleur aigue que Joshua devait ressentir à chaque respiration. Elle en profita aussi pour protèger la plaie à sa jambe. La conseillère ne pensait pas lui faire garder cela très longtemps, Joshua devait seulement lui donner la chance de dormir un peu, elle aussi. Alors que la vieille dame sortait, elle se retourna et regarda la jeune femme d'un regard nostalgique.


- Vous avez le même regard que votre mère, Lady Rosaly. Elle aussi, sous ses airs de femme froide, elle avait un cœur immense.

La femme de maison jeta un regard sur l'homme inconscient dans le lit.

- La preuve que vous lui ressemblez: vous lui avez sauvé la vie.

Alors que les pas discrets de la dame ricochaient contre les murs du manoir, Rosaly tournait et retournait ces deux phrases dans sa tête. Mais elle due s'asseoir dans un des fauteuils lorsque sa migraine la fit devenir incohérente dans ses propos. La couverture encore sur ces épaules, la jeune femme plia ses jambes pour être entièrement recouverte du vieux tissu. Elle voulait seulement se reposer, pas dormir, mais elle s'était tellement épuisée qu'elle ne pu faire se qu'elle voulait. Elle tremblait encore quand elle s'endormit, la tête appuyée contre le dossier du fauteuil.
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Joshua Merendès
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Lun 21 Déc - 20:28

Aucune douleur physique n’était insoutenable. Joshua avait finit par l’apprendre. Son corps comme son visage n’était pas vierge de cicatrices. Toutes sortes d’armes avaient frappés sa peau, que ce soit les lames des armées, les flèches des lâches, le fouet de la prison, les couteaux des assassins, le poison des traîtres… Il avait finit par s’habituer à tout mais il y’a une douleur qu’il ne pourrait jamais parer, celle qui fissurait son cœur à chaque pensée qui parvenait à feinter sa lourde carapace: l’amour. L’amour de Gwendoline était comme des fragments d’acier qu’on ne pouvait extraire de son cœur sans manquer de le tuer… l’amour de ses enfants en étaient plusieurs autres.

De la lavande? Était-ce bien l’odeur qui vînt effleurer ses narines? Il ne pourrait jamais se méprendre sur ce végétal violet si odorant. Cette plante que sa douce moitié venait mettre dans les oreillers pour qu’ils sentent bon. Ce qu’il avait vécu n’était donc qu’un mauvais rêve! Il ouvrirait les yeux et se tournant sur le côté, elle serait là, souriante et lumineuse. Elle viendrait l’embrasser et lui demanderai s’il avait bien dormi. Ils entendraient leurs enfants courir sur les lattes du plancher et faire irruption dans la chambre en se jetant sur le lit. Il raconterait son histoire et elle lui répondrait avec une certitude naïve qu’il était impossible que cela arrive un jour. Pas avec lui, pas avec un homme aussi amoureux et dévoué.

Joshua y croyait. Il voulait ouvrir les yeux, il voulait se réveiller, il voulait que son cauchemar prenne fin, enfin! Ses yeux tremblèrent sous l’effort. On aurait cru que chacune d’elles pesaient quelques centaines de kilos tant elle s’ouvrait pour se rabaisser aussitôt. L’orbite blanc descendit doucement pour présenter son iris à la lumière du jour. Joshua s’éveilla avec peine. Il n’avait plus conscience du temps qui s’était écoulé. Joshua vit le décor se dessiner peu à peu autour de lui, il se redressa avec difficulté. Ses yeux ne croyant pas ce qu’il voyait. Il y avait tellement cru que sa douleur morale dépassa sa douleur physique. Il resta assis un instant, la mine vide et pris sa tête dans sa main avec désespoir pendant quelques minutes silencieuses. A bout, il était à bout! Une faible et calme respiration le fit lever les yeux vers cette jeune fille qui dormait comme elle pouvait sur un fauteuil. Des milliers de nuits, il avait veillé sur elle et voilà que les rôles s’inversaient.

Joshua repoussa les couvertures et se leva avec difficulté, sa jambe blessée s’appuya difficilement sur le parquet. Il ne supportait pas de voir s’inverser les rôles. C’est lui qui devait la protéger, pas le contraire! Il glissa le long de son lit pour reprendre son pantalon percé et l’enfila en pinçant les lèvres tant les mouvements les plus simples devenaient des gestes d’auto-torture. Il se dirigea vers un petit bureau où il avait d’ores et déjà repéré du papier et une plume dans un encrier. Il ne s’assit pas et se contenta d’écrire sur le papier blanc. Le garde du corps réalisait bien qu’il ne serait d’aucune protection pour le moment, il y’avait que les arrogants pour prétendre être au mieux de sa forme. Dans cet état, il offrait Rosaly à qui voudrait sa mort. Et à ce sujet, il devait prévenir Rosaly. Il y’avait quelque chose qui clochait dans cette embuscade et la savoir au courant la rendrait plus avertie et plus méfiante, c’Est-ce qu’il fallait jusqu’à ce qu’il reprenne son poste.

Joshua roula le parchemin, venant le sceller avec le sceau des Carillo qu’il trouva sur la table recouvert d’une fine couche de poussière. Il tituba jusqu’à la porte, s’aidant en s’appuyant sur les meubles jusqu’à atteindre la poignée. Il fit quelques pas maladroits de plus dans le couloir avant qu’une petite tête de vieille femme aux airs agréables apparaissent dans l’escalier.


_ Ah, vous êtes réveillés Monsei…

Joshua la coupa, lui glissant le message dans la main et la pria ou plutôt lui ordonna d’aller l’envoyer au plus vite. L’endroit où Rosaly était le plus en sécurité était encore au château et il ne fallait pas qu’elle tarde. Elle avait des obligations à remplir et même s’il ne pouvait plus la protéger, il mènerait son objectif jusqu’au bout en lui garantissant un voyage sans encombre. L’homme revînt dans la chambre, il sentait Rosaly fatiguée mais il lui fallait lui parler avant que lui-même ne trouve plus l’énergie de le faire. S’approchant d’elle, il posa une main sur le dossier en appelant son nom. Aucune réaction de sa part. Il osa une main rugueuse à glisser dans son cou.

_ Rosaly, réveillez-vous… je dois vous faire part de quelque chose d’important.

La lavande s’immisça un peu plus dans ses narines. Quelques grains étaient collés contre la couverture dans laquelle était emmitouflée la jolie blonde. Feintant de ne pas faire attention à cette odeur qui le ramenait des années en arrière, il continua.

_ Vous n’avez pas été attaqué par des rebelles. Les techniques de combats de ces hommes n’avaient rien à voir au style que vous rencontreriez chez ces exilés. La botte d’un de ces hommes était une technique enseignée dans les vallées de Sir Drey De Flemont, le noble qui a voulu vous agressé lors de la dernière réunion. Méfiez-vous de lui, Rosaly.

Joshua recula de quelques pas comme pour l’habituer au fait qu’il ne serait plus prêt d’elle durant quelques temps. Joshua reprit.

_ J’ai fait envoyé un message au château. Demain, une escouade de Nathalia viendra vous chercher. Vous rentrerez avec elle… Sans moi. Mon rôle est de vous protéger et repartir avec vous, ne vous apporterait rien de bon. Il est de mon devoir de reconnaître mes faiblesses lorsque celles-ci peuvent vous mettre en danger et je ne suis pas en état pour vous protéger. Les guerriers de Nathalia le feront pour moi, jusqu’à ce que je sois en mesure de revenir… J’ai cependant une requête à vous demander, je ne vous ai jusqu’à présent jamais rien demandé mais auriez-vous la bonté de veiller sur mon dragon durant mon absence? Je sais que je peux vous choquer mais Veritis est plus qu’un simple dragon, c’est un véritable ami. Il saura vous protéger en retour.
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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Mar 22 Déc - 18:20

Le sommeil pour Rosaly était une façon pour elle d'oublier un moment son rang, son avenir et son passé. Une façon pour elle de redevenir une petite fille qui se permettait tout puisqu'elle n'avait pas encore tant de responsabilités sur ses frêles épaules. Et épuisée comme elle l'était, son sommeil était encore mieux que les longues nuits de cauchemars qu'elle avait quelques fois. La conscience de la conseillère était à un stade où ni un rêve ni un cauchemar de pouvait venir troubler sa quiétude.

Rosaly ne savait pas depuis combien de temps elle dormait quand elle entendit enfin la voix rauque de Joshua l'appeler. Elle ouvrit avec difficulté les yeux, sentant sur sa nuque la grande main de son garde du corps la réchauffer. Elle ne réalisa pas tout de suite que celui-ci était debout sur sa jambe qu'elle avait eu tant de mal à soigner plus tôt, essayant de se réveiller pour écouter ses paroles avant que l'ancien assassin s'épuise, ce qui arriverai surement bien assez tôt dû à son état. Rosaly se redressa sur le fauteuil, gardant toutefois la couverture sur ses épaules pour être certaine de ne pas manquer un seul mot de ce qu'il dirait. Pour que celui-ci la réveille, c'était qu'il avait de bonnes raisons de le faire.

Ainsi, elle n'était plus en sécurité nulle part, même dans sa propre demeure, le château. Les nobles avaient donc une raison pour avoir sa peau eux aussi. Pourtant, si ce n'était que la demande d'argent ils n'avaient pas digéré, pourquoi en avaient-ils donnés ? Nathalia était peut-être une de ses femmes a qui ont ne peut rien refuser, mais elle n'allait pas jusqu'à tuer des invités pour leur avarice. Qu'avait-t-elle donc fait pour que le jeune homme téméraire l'attaque de cette façon? Si Rosaly prenait la déclaration de Joshua au sérieux, les autres, voyant l'homme comme un serviteur de plus, aurait tôt fait de rendre inutilisable ses arguments. Les bourgeois avaient cette manie de tout faire pour que les plus petites rumeurs se fassent vite oublier, surtout celles qui se révélaient exactes par la suite.

Mais se qui déstabilisa le plus la belle blonde, ce fut surement le fait que Joshua l'a laisserait seule au château durant un temps indéterminé. Elle avait bien vu qu'il ne pourrait continuer à la protéger dans cet état, mais elle avait cru qu'elle ferait quand même le voyage avec elle et que rendu là-bas, il se ferait oublier quelques temps. Mais voilà que maintenant, elle se retrouverait réellement seule, ce qui ne lui était pas arrivé depuis trois ans. Et cette idée ne l'enchantait pas. Elle la terrorisait.


- Soit, mon manoir est vôtre alors. Rester le temps que vous le voudrez. Un déplacement dans votre état serait à éviter.

Sa voix n'était pas tout à fait ferme et décidé comme à l'habitude. Elle appréhendait très négativement son retour au château. Avec le bal d'hiver que Nathalia préparait, elle serait surement confronter au Sieur Drey qui voudrait encore une fois s'en prendre à elle dès que l'occaasion serait bonne. Pas question qu'elle aille encore tête baissée dans une embuscade, et toute seule en plus. Rosaly n'avait pas confiance aux soldats de la garde royale. Mais avait-elle vraiment le choix de se plier encore une fois à la décision de Joshua? Pas vraiment.

Rose fut surprise de la demande de l'homme. N'ayant pas de dragon, elle ne connaissait pas encore ce lien si rassurant qu'on ressentait avec eux. Et contrairement aux autres Fidèles, elle ne détestait pas ces bêtes de légende. Comment ne pas aimer quelque chose que nous ne connaissons pas ? Les dragons l'a laissaient tout simplement indifférente, mais elle était curieuse de voir un de ces animal de près, elle qui en avait jamais vu.


- Je veillerai sur votre dragon aussi, puisque c'est pour vous.

Elle remarqua enfin que son protecteur était encore debout sur sa jambe blessée. Avec la même moue en colère que Joshua quelques heures plus tôt, elle lui fit signe de s'asseoir pour empêcher que la plaie recommence à saigner.

- Vous ne devriez pas rester debout. J'ai déjà eu assez de mal à arrêter l'hémorragie, ce serai le comble que vous sabotiez tout mon travail.

Rosaly se leva et alla rejoindre le garde du corps sur le lit où elle lui avait fait signe de s'asseoir. Plus vite il serait guéri, plus vite il reviendrait la rejoindre au château. Elle se sentait assez reposer pour finir son travail, mais il fallait oublier de guérir les côtes si elle partait demain. Le corps de Joshua devrait se cicatriser sans son aide. Lui faisant un signe presque autoritaire de mettre la jambe sur le lit, Rosaly leva les quelques centimètres de pantalon et enleva les bandages qui protègerait la profonde entaille.

- Si je vous promets de m'occuper de Veritis, je veux que vous me promettiez une chose en retour. Ne parlez jamais de ce que vous allez voir. Beaucoup de personnes malintentionnées seraient prêts à faire des pieds et des mains pour en profiter et c'est pour cela que j'aime mieux que ce que je sais faire ne quitte pas ces murs.

Ne perdant pas de temps, elle mit sa main sur la peau à vif sans ignorer que cela n'était pas agréable pour Joshua et illumina sa main plusieurs secondes. Quand elle l'enleva enfin, Rosaly sourit. Tout comme dans le dos, il ne restait qu'une mince citatrice.

- Pour le reste, il faudra laisser le temps faire son œuvre. Mais vous allez pouvoir marcher sans crainte et revenir plus rapidement au château.
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Joshua Merendès
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Mar 22 Déc - 21:29

Le garde du corps lisait bien dans son regard que la petite blonde se sentait quelque peu perdue par cette nouvelle. Ce ne serait pas une partie de plaisir pour lui non-plus de se tenir éloigné. Sans Rosaly, sans personne à protéger, il serait à la merci de ses vieux démons. Mais elle avait tort de s’en faire autant, elle devait se rappeler qu’elle ne serait pas seule. Il y’aurait Veritis si elle devait se déplacer mais également les seigneurs de guerre de Nathalia pour veiller sur elle. Et même si Joshua n’était que le serviteur, il savait se faire extrêmement persuasif vis-à-vis de ses « supérieurs » et il avait su faire savoir dans sa lettre que la jeune conseillère devait être préserver de tous les dangers. Si Rosaly venait à perdre la vie, l’ancien assassin reprendrait du service et aucun homme ne survivrait à sa lame vive et silencieuse. La chose intelligente à faire était de trembler pour sa vie en lisant la lettre si Rosaly venait à être mortellement blessée.

Venir lui dire qu’il avait changé, que cette attitude à vouloir réclamer vengeance si Rosaly venait à disparaître le prouvait, était peine perdue. Auparavant, un contrat se finissait par la mort de son client. Joshua disparaissait alors dans la nature sans laisser de trace et réapparaissait quelques jours plus tard, dès qu’un nouveau contrat lui était proposé. Courir après le meurtrier ne l’intéressait guère et si le futur contrat concernait le meurtrier lui-même, il s’en fichait. Tout n’était que morceaux de papier et signatures. Aujourd’hui, il y’avait la conseillère et demain… il espérait que ce serait encore elle. Personne ne lui avait témoigné plus de respect qu’elle depuis qu’il était sur ces terres. Il avait souvenir d’un homme odieux et méprisant pour qui il avait pris du service pour quelques jours, il aurait bien lui-même mit fin à ses jours tant cet homme lui mettait les nerfs en flammes. Agir avec tant de cruauté envers les autres…enfin, qui était-il pour juger cet homme cruel. Il ferait bien de songer d’abord à ce qu’il avait fait avant de venir critiquer autrui.


_ Soyez rassurée Lady Carillo, le château est encore le lieu où vous serez le plus à l’abri et sir Drey n’y a pas accès sans invitation. Vous serez protégée comme il se doit…

Joshua lui adressa un semblant de sourire en venant baisser la tête pour la remercier de la faveur qu’elle lui accordait. Il saurait se montrer reconnaissant de ce qu’elle lui offrait. Cependant ce faible sourire se vit vite désarçonner par la soudaine voix qui s’éleva contre lui. Rêvait-il ou était-elle en train de le sermonner? Ses yeux s’écarquillèrent quelques instants, la fixant avec un regard perplexe. Il s’assit sur le lit un air hagard. La petite blonde haute comme trois pommes (miam!) se dressait devant la bête. En presque quatre ans, il avait plus élevé la voix qu’elle, et ne lui avait jamais laissé l’occasion de lui faire vraiment savoir que c‘est lui, Joshua Merendes qui devait obéir, non pas le contraire. Peu habitué à ce genre de scène, Joshua leva sa jambe sur le lit en grimaçant d‘efforts, la mine vexée. (MDR) Il devait se soumettre à ses ordres, son intonation le lui rappela. Il la laissa à contrecœur manipuler sa jambe, l’observant agir la mine grise.

Ses propos dénotèrent un secret qui garda Joshua en éveil à mesure que la bande rougit tournait autour de sa jambe pour la quitter. Il regarda sa plaie suintante et parût embarrassé que Rosaly se salisse les mains de son sang en venant couvrir la plaie. Sa main se porta sur la sienne mais une lumière interrompit son geste alors qu’il allait saisir son poignet pour l’éloigner de sa chair. L’homme arqua un sourcil perplexe en découvrant une plaie propre presque refermée comme s’il avait déjà passé plusieurs semaines de convalescence. Il comprenait ce qu’elle avait voulu dire.


_ N’ayez crainte, même si vous ne me l’aviez pas demandé, jamais je n’aurai parlé de ce don à qui que ce soit.

Comme pour vérifier ses propos, Joshua se remit debout. Son pantalon redressé, glissa le long de sa jambe alors qu’il fit quelques pas expérimentaux. C’était beaucoup mieux. Il n’avait plus l’impression que sa chair jouait à s’entredéchirer. Il se tourna lentement vers la conseillère, cherchant derrière elle, le reste de ses affaires. Il ne pouvait guère aller plus vite dans ses mouvements sans s’épuiser ou se faire mal. Il se dirigea d’un pas silencieux vers son manteau et retira un flacon ainsi qu’une dague discrète et légère. Il s’approcha de Rosaly et vînt déposer les accessoires sur le lit.

_ Voilà la dernière chose que je peux faire pour vous. Prenez l’antipoison ainsi que cette dague… J’espère que vous n’en aurez pas besoin mais il vaut mieux penser au pire.

S’adressant à elle, son regard glissa jusqu’à sa tempe ou quelques mèches de cheveux camouflaient une blessure qui semblait sur le point de disparaître mais qui n’était pourtant pas là avant. La main protectrice de Joshua glissa sur sa peau, soulevant les mèches pour regarder l’hématome et le marque encore rougis qui colorait son centre. Il se souvînt de la calèche qui s’était renversé, du manque de délicatesse avec laquelle il l’avait extraite du véhicule accidenté. Dégageant sa main, il déclara avec culpabilité:

_ Mes brutalité ne vous manqueront pas.

Ce n’était pas une question. Il ne réclamait pas de réponses de sa part. C’était plutôt une remarque qu’il se faisait à voix haute en imaginant à quel point elle devait en avoir assez d'être secouée comme une poupée dès qu'elle était en danger.
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Rosaly Carillo
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MessageSujet: Re: Domaine des Carillo   Ven 25 Déc - 20:47

Rosaly n'avait jamais vraiment utilisé d'armes dans sa courte vie. Quand elle était jeune, ses parents n'avaient pas voulu que sa naïveté disparaisse avec l'apprentissage du combat à l'épée ou même au tir à l'arc. Et puis, quand la guerre avait commencé, elle n'avait pas eu le temps d'engager quelqu'un pour lui montrer. C'était Joshua qui maîtrisait les armes pour elle. Ainsi, en regardant la dague que le garde du corps venait de déposer sur le lit, la jeune femme se demanda si elle allait être capable de s'en servir sans se blesser elle-même.

Elle prit avec précaution la dague et la tenant dans ses petites mains, elle fut étonnée qu'elle soit si légère. Bien sûre, le pommeau n'était pas à sa taille, l'ancien assassin ayant des mains beaucoup plus grandes qu'elle, mais en cas de danger, la conseillère se dit qu'elle pouvait toujours se débrouiller. Pour ce qui était de l'antipoison, elle espérait de pas trop en faire usage durant le rétablissement de Joshua. Le mieux était qu'elle se serve ses boissons elle-même et dans le pire des scénarios, mettre un peu de ce liquide pour se rassurer. Mais sans savoir combien de temps elle devrait être sans sa protection, Rosaly ne voulait pas gaspiller l'antipoison puisqu'elle ne savait pas comment s'en procurer de nouveau.

La conseillère allait se lever lorsque la main de l'homme tourmenté glissa sur sa peau pâle pour venir inspecter la blessure qu'elle s'était infligé lorsque la carriole s'était renversée. Elle croyait l'avoir effacé dans la carriole avec les servantes, mais Rosaly avait dû y être allé trop rapidement pour faire le travail convenablement pour ne pas attirer l'attention de ses compagnes. Alors que Joshua regardait la seule blessure que l'embuscade avait causée à la belle blonde, Rosaly vit le regard de ce dernier changer de la neutralité qu'il abordait habituellement en un autre, plus doux, plus coupable. Un regard que la jeune femme n'avait jamais vu dans les yeux presque transparents de son protecteur.

Brutalités ? Bien sûre, Joshua n'était pas la douceur incarnée dans certaines circonstances, mais Rosaly n'avait jamais critiqué sa façon de faire. Seul le résultat final l'intéressait, peu importe la façon dont le garde du corps faisait pour arriver à ce résultat. Et si le résultat était qu'elle était encore en vie, alors elle ne s'en plaignait pas. Sans vraiment s'en prendre compte, elle déposa sa main sur celle immense de Joshua pour attirer son attention et pour qu'elle puisse le regarder dans les yeux.


- Si je n'étais pas d'accord avec la façon dont vous me sauvez la vie, vous ne seriez plus ici Joshua. Ne vous en faites pour si peu.

Prenant conscience de sa main sur la sienne, Rosaly l'enleva rapidement, gênée. Elle se leva du lit, ramassant la dague et l'antipoison pour les déposer sur une commode près de porte de la chambre.

- Je vais demander à Agathe, la servante du manoir, de vous trouver de nouveaux vêtements. Je... Je n'en ai pour plusieurs minutes, mais faites comme chez vous.

Elle sortit de la pièce, encore en proie à sa gêne. Elle réussit à trouver ladite servante pour lui demander des vêtements, puis, Rosaly monta au deuxième étage pour aller trouver à chambre des maîtres. Elle y entra de façon respectueuse, comme si les âmes de ses parents hantaient les lieux. Elle voulait seulement prendre une robe sans taches de sang. En ouvrant la garde-robe, elle sourit en se rappelant les souvenirs qui allaient avec chaque robe. Rosaly finit par choisir une robe rouge vin qu'elle enfila à la place de la noire pleine de sang. Heureusement, sa mère et elle avait eu la même taille. Elle allait devoir se préparer pour le retour au château, malgré tous ses doutes. Et encore une fois, en se regardant dans le miroir, elle avait peur.

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